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Le Hezbollah met en cause l'armée dans la fusillade de dimanche
Challenges.fr | 30.01.2008 | 00:00

Le Hezbollah affirme que larmée libanaise a mal géré la manifestation de dimanche à Beyrouth (photo), qui a dégénéré en bain de sang et réclame réclame le châtiment des responsables des tirs qui ont tué six militants de lopposition. /Photo prise le 27 janvier 2008/REUTERS/Mohamed Azakir
Le Hezbollah affirme que l'armée libanaise a mal géré la manifestation de dimanche à Beyrouth (photo), qui a dégénéré en bain de sang et réclame réclame le châtiment des responsables des tirs qui ont tué six militants de l'opposition. /Photo prise le 27 janvier 2008/REUTERS/Mohamed Azakir (c) Reuters

Par Yara Bayoumi

BEYROUTH (Reuters) - Le Hezbollah affirme que l'armée libanaise a mal géré la manifestation de dimanche à Beyrouth, qui a dégénéré en bain de sang, et réclame le châtiment des responsables des tirs qui ont tué six militants de l'opposition.

Le mouvement chiite, qui est soutenu par l'Iran et la Syrie, considère depuis de nombreuses années l'armée comme une alliée proche dans son combat contre Israël, mais les incidents de dimanche semblent avoir porté un coup à sa confiance.

Selon certains analystes, les vives critiques du Hezbollah contre l'armée pourraient aussi compromettre l'accession de son chef, le général Michel Souleïmane, à la présidence du Liban, affaiblir l'institution militaire et ouvrir la voie à de nouvelles violences de rues.

Les émeutes de dimanche, qui ont éclaté lorsque des manifestants ont brûlé des pneus et bloqué la circulation dans un quartier chiite de Beyrouth pour protester contre des coupures de courant, comptent parmi les pires violences au Liban depuis la guerre civile de 1975-90.

Six militants du Hezbollah et de la milice chiite alliée Amal ont été tués et plus d'une vingtaine d'autres blessés lorsque l'armée a ouvert le feu pour disperser les émeutiers.

"SOULEÏMANE N'EST PLUS ACCEPTABLE PAR L'OPPOSITION"

"Malheureusement, la comportement de l'armée n'a pas été conforme aux normes requises. Ils étaient nerveux et affolés. Je vous le dis clairement, l'armée n'a pas été à la hauteur de la tâche consistant à gérer l'affaire avec sagesse, a déclaré le député hezbollahi Hussein Hadj Hassan, lors d'un débat à la télévision.

Souleïmane, candidat de compromis à la présidence de la République, toujours vacante depuis l'expiration fin novembre du mandat du pro-syrien Emile Lahoud, est pressé d'identifier les responsables des violences.

Hassan a mis en cause un officier présent sur le terrain qui "mérite la médaille de guerre". Souleïmane a ouvert une enquête sur les violences et a reçu le chef de la milice Amal Nabih Berri, qui est aussi président de la Chambre des députés, et le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah.

"Cette enquête et le châtiment ultérieur des responsables de ce crime, qui qu'ils soient, est la seule manière de faire justice aux martyrs et d'asseoir dans le pays les principes de sécurité, stabilité et de sûreté", a affirmé Nasrallah dans un communiqué publié lundi soir après sa rencontre avec Souleïmane".

L'accession de Souleïmane à la présidence est retardée depuis plusieurs semaines par un désaccord entre la majorité pro-occidentale et l'opposition sur la composition d'un future gouvernement d'unité nationale.

Certains commentateurs libanais considèrent qu'elle est maintenant compromise. "Souleïmane, n'est plus un candidat à la présidence acceptable par l'opposition. Et l'armée elle-même n'est plus une institution dans laquelle l'opinion d'opposition a confiance pour préserver la sécurité et la stabilité", affirme ainsi Sateh Nourredine dans le quotidien pro-syrien As Safir.

Version française Marc Delteil


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